Grâce au programme TeaMWork, le Collège Boréal accompagne les travailleurs temporaires étrangers et soutient les employeurs agricoles du sud-ouest de l’Ontario. Formation linguistique, sensibilisation aux droits et développement des compétences sont les principaux leviers de cette initiative qui favorise une intégration durable et répond aux besoins croissants du marché.

Olaïsha Francis – IJL – Le Régional

Depuis quatre ans, le programme TeaMWork permet au Collège Boréal de jouer un rôle déterminant auprès des entreprises agricoles confrontées à une pénurie persistante de personnel. D’abord implantée dans la région de Windsor-Essex, l’initiative étend désormais sa portée à Sarnia-Lambton et poursuit ses activités à Chatham-Kent grâce à une collaboration avec Workforce Windsor-Essex. Son objectif consiste autant à soutenir les employeurs qu’à faciliter l’intégration des travailleurs temporaires étrangers.

À l’origine de cette démarche se trouve un constat bien précis. Les services d’immigration du Collège Boréal, financés par les gouvernements provincial et fédéral, répondent principalement aux besoins des nouveaux arrivants admissibles. Toutefois, plusieurs employés recrutés à l’étranger ne peuvent bénéficier de ces programmes.

« Les travailleurs temporaires ne sont pas toujours éligibles à tous nos services. Donc on a vu la possibilité de collaborer avec Workforce Windsor-Essex. Évidemment, on a sauté sur l’occasion pour être capable d’offrir nos services dans la région », explique Frédéric Boulanger, directeur des Programmes et services en immigration du Collège Boréal.

Le projet mise avant tout sur le développement des compétences linguistiques. Les participants arrivent notamment d’Amérique du Sud, de Thaïlande ou encore d’autres régions du monde avec une solide maîtrise de leur langue maternelle, mais peu de connaissances en anglais.

Pour évoluer dans le secteur agricole ontarien, cette aptitude devient pourtant essentielle. Les cours se déroulent directement sur les lieux de travail grâce à la collaboration des entreprises partenaires qui ouvrent leurs installations afin de permettre à leurs équipes d’améliorer leur communication.

Au-delà de l’apprentissage de la langue majoritaire, TeamWork propose un accompagnement plus large. Les formations abordent notamment les droits du travailleur, les règles de santé et de sécurité ainsi que les ressources disponibles dans leur milieu de vie. « On aborde plusieurs sujets afin d’assurer leur réussite, mais aussi leur bien-être au sein de l’entreprise dans laquelle ils travaillent », souligne M. Boulanger.

L’approche retenue privilégie également la transmission des connaissances à l’interne. Plutôt que d’intervenir individuellement auprès de chaque salarié, le Collège Boréal forme les superviseurs qui diffusent ensuite l’information auprès de leurs équipes. Cette stratégie permet de rejoindre un plus grand nombre de personnes en adaptant les contenus aux réalités propres à chaque domaine.

« Nous, au Collège Boréal, on dit qu’au niveau de l’intégration socioéconomique, trois éléments sont primordiaux : la langue, l’éducation canadienne idéalement et une expérience de travail canadienne. Donc la langue est un pivot important pour la suite des choses », affirme Frédéric Boulanger.

Cette approche profite également aux organisations. L’investissement dans le développement des compétences favorise la rétention du personnel et améliore la performance organisationnelle. Selon la direction, les entreprises perçoivent de plus en plus l’intérêt stratégique de tels partenariats. L’institution fonctionne comme un centre de coordination, mobilisant divers collaborateurs pour offrir des programmes de formation technique spécialisée.

En créant des conditions favorables au développement professionnel de cette main-d’œuvre, le Collège Boréal permet aux entreprises agricoles du Sud-Ouest ontarien de répondre à leurs besoins de recrutement tout en stabilisant leurs effectifs.

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Photo : Une cohorte du programme TeaMWork (Crédit : College Boreal Windsor)