Originaire de Windsor, Paul Mongenais s’apprête à commencer un nouveau chapitre de sa carrière après plus de trois décennies consacrées à la pratique du droit à Kapuskasing, dans le Nord ontarien. Associé fondateur du cabinet Perras Mongenais, il a été nommé juge à la Cour supérieure de justice de l’Ontario, le 8 octobre, par Sean Fraser, ministre de la Justice et procureur général du Canada.
Après des études en sciences économiques et en droit à l’Université d’Ottawa, Paul Mongenais a été admis au Barreau de l’Ontario en 1995. La même année, il s’est installé à Kapuskasing avec son épouse, où le couple a fondé sa famille et élevé ses quatre enfants. Il a ensuite cofondé le cabinet Perras Mongenais, au sein duquel il a exercé pendant une trentaine d’années, principalement en droit de la famille.
Reconnu comme spécialiste agréé en droit de la famille depuis 2004, il a traité des dossiers liés à la responsabilité décisionnelle parentale. Sa pratique s’est également étendue au contentieux civil et au droit successoral. Au fil de sa carrière, il a comparu devant plusieurs instances judiciaires de l’Ontario.
Son parcours l’a aussi progressivement rapproché de la magistrature. Depuis 2017, il exerce à temps partiel en tant que juge suppléant à la Cour des petites créances, une expérience qui lui a permis de découvrir une autre facette du système judiciaire. Parallèlement, il a contribué à de nombreux programmes de formation juridique, en accordant une attention particulière à la production de ressources en français.
Accéder à la Cour supérieure ne faisait toutefois pas partie de son plan de carrière. Sa candidature a plutôt été encouragée par des juges qui l’ont approché il y a environ un an. Il a alors entrepris les démarches nécessaires.
« Ce n’était pas un objectif que je m’étais fixé mais des juges m’ont approché pour m’encourager à soumettre ma candidature. J’ai ensuite suivi les étapes du processus, sans vraiment savoir ce qui allait en ressortir. Puis, un soir, j’ai reçu un appel du ministre de la Justice qui m’annonçait ma nomination », raconte-t-il.
Si cette nouvelle représente une étape importante dans sa carrière, elle s’accompagne aussi d’un départ chargé d’émotion. Après des années passées à Kapuskasing, le juriste doit laisser derrière lui ses clients, ses amis et une communauté à laquelle il est profondément attaché. Bien que Windsor soit la ville où il a grandi, c’est dans le Nord de la province qu’il a construit une grande partie de sa vie familiale et professionnelle.
« J’éprouve des sentiments partagés. Je suis heureux de pouvoir entreprendre cette nouvelle étape, mais il est difficile de penser que je vais quitter cette communauté qui est devenue la nôtre », confie-t-il.
À Sudbury, le nouveau juge entend mettre à profit son expérience du droit de la famille et du contentieux civil, tout en se préparant à élargir ses connaissances à d’autres domaines juridiques. Les fonctions à la Cour supérieure couvrent en effet un vaste éventail de dossiers, tels que le domaine criminel, un secteur dans lequel il devra acquérir une expertise supplémentaire.
Pour lui, cette transition constitue aussi l’occasion d’apporter un regard nourri par plus de 30 années de pratique. Devenir juge lui permettra désormais d’aborder les différends sous un angle nouveau. « Après toutes ces années dans la pratique, il y a parfois des situations où l’on aimerait faire davantage ou changer certaines choses. J’espère pouvoir apporter une perspective différente grâce mon expérience sur le terrain. Je sais que la fonction de juge comporte son lot de défis, mais j’ai hâte de les relever », explique-t-il.
Son entrée en fonction est prévue à la fin du mois. Il doit prêter serment à l’occasion d’une cérémonie privée le 28 octobre, avant que d’autres étapes officielles ne suivent. À Sudbury, il rejoindra une équipe de magistrats déjà en place et participera à la répartition des dossiers selon les besoins de la cour.
Malgré ce changement de vie, Paul Mongenais n’exclut pas de revenir dans sa ville natale dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Son bilinguisme pourrait l’amener à se déplacer pour assurer des remplacements ponctuels ou entendre des affaires nécessitant des services judiciaires en français.
Entre la fin d’une longue carrière en pratique privée et le début de ses fonctions judiciaires, Paul Mongenais aborde ainsi une transition marquée par la reconnaissance du chemin parcouru, l’attachement à ses racines et la volonté de mettre son expérience au service de la justice.
Photo: Paul Mongenais (Photo : courtoisie de M. Mongenais)




