À Windsor, un rassemblement festif a permis à des dizaines de personnes issues de l’immigration récente et de la diaspora congolaise de tisser des liens, de recevoir un appui concret et de célébrer leurs racines, grâce à l’engagement d’un organisme communautaire et de nombreux partenaires locaux.
Chrismène Dorme – IJL
Près de 120 personnes ont répondu à l’invitation de la Communauté congolaise de Windsor-Essex (COCOWE) et se sont retrouvées dans les locaux du Collège Boréal à Windsor pour entamer l’année dans un esprit de fraternité. La majorité des participants étaient des familles arrivées au Canada en 2025, accompagnées de jeunes, d’aînés et de membres établis depuis plusieurs années.
Pour Jacques Lehani, président de l’organisme, cette célébration avait une portée toute particulière. « Les années précédentes, nous organisions cette activité à différents moments de l’année, en fonction des vagues de nouveaux arrivants. En 2025, la situation était différente, ce qui nous a amenés à regrouper l’événement en une seule date afin de pouvoir accueillir toutes les familles en même temps », explique-t-il.
La soirée a débuté par les vœux du président, avant de laisser la parole aux familles nouvellement installées. Plusieurs d’entre elles ont exprimé leur reconnaissance envers la communauté pour l’accueil et l’accompagnement reçus depuis leur arrivée. Un moment empreint d’émotion, révélateur de l’importance du lien communautaire dans un parcours d’immigration.
Au-delà des témoignages, cette rencontre a permis de créer un espace d’échange où les réalités du quotidien ont pu être abordées librement. Pour plusieurs participants, ces discussions ont constitué une première occasion de poser des questions et de trouver des réponses auprès de personnes ayant déjà traversé les mêmes étapes, renforçant ainsi le sentiment de confiance et de soutien mutuel.
Au fil des échanges, l’activité a aussi favorisé des rencontres intergénérationnelles. Ces conversations informelles ont permis de briser l’isolement et de créer des passerelles entre expériences récentes et parcours plus établis.
La célébration a également rassemblé des membres d’autres communautés, notamment burundaise, ougandaise et camerounaise ainsi que plusieurs organismes partenaires. Le Collège Boréal, le Club Richelieu Windsor et des enseignants issus de différents conseils scolaires étaient présents, témoignant d’un solide réseau de collaboration locale.
L’un des temps forts de l’événement a été la distribution de dons recueillis auprès de différentes communautés et partenaires. Vêtements et bottes d’hiver, appareils électroménagers, poussettes, couvertures : les articles étaient disposés dans une salle où les familles pouvaient se servir librement, selon leurs besoins. « C’est une façon concrète de soutenir ces familles et de leur montrer qu’elles ne sont pas seules », souligne Jacques Lehani.
La culture congolaise a occupé une place centrale tout au long de la soirée. Après les remerciements adressés aux donateurs, un groupe de jeunes danseurs — dont certains font partie des nouveaux arrivants — a ouvert les festivités avec des prestations dynamiques. Les convives ont ensuite partagé un repas composé de spécialités congolaises traditionnelles. « Des plats préparés avec amour par les mamans congolaises », précise le président, fier de mettre en valeur le patrimoine culinaire de la communauté.
À la fin de l’activité, les réactions étaient unanimes. « Les familles ont vraiment été touchées, et les membres des autres communautés ont été agréablement surpris de voir à quel point nous nous attachons aux familles nouvellement arrivées », rapporte M. Lehani.
Au-delà de la célébration, l’objectif était aussi de renforcer le sentiment d’appartenance. « Nous nous devions d’offrir à ces familles une connexion communautaire, de leur faire savoir qu’à Windsor il y a d’autres personnes d’origine congolaise, ainsi que différents services auxquels elles peuvent recourir grâce aux organismes de la région », affirme-t-il. Selon lui, ces initiatives facilitent l’intégration : « C’est une façon de les aider à naviguer dans le nouveau système dans lequel ils viennent d’arriver », ajoute M. Lehani.
Pour l’année 2026, la Communauté congolaise entend poursuivre et élargir ses actions. « Notre grand projet repose sur l’accompagnement des aînés contre la solitude », annonce Jacques Lehani. L’organisme prévoit également de développer un service dédié aux jeunes afin de raviver leur intérêt pour la vie communautaire et le bénévolat. « Nous constatons malheureusement que plusieurs jeunes se désintéressent de leur communauté. Notre but est de susciter en eux l’esprit de solidarité et d’engagement ».
Enfin, la COCOWE continuera de soutenir les mères monoparentales, souvent confrontées à des situations précaires à leur arrivée. « Très souvent, elles arrivent seules, sans ressources. Nous travaillons en collaboration avec des organismes pour continuer à les aider, comme nous le faisons depuis plusieurs années », conclut le président.
Par cette célébration du Nouvel An, la Communauté congolaise de Windsor-Essex réaffirme son rôle essentiel : être un point d’ancrage, de solidarité et de transmission culturelle pour celles et ceux qui commencent une nouvelle vie dans la région.
Photo : Jacques Lehani (2e de droite) accompagné du groupe de danseurs (Crédit : COCOWE)






