À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, célébrée le 20 juin au Canada, organismes communautaires et défenseurs des droits rappellent l’importance de protéger le droit d’asile. En Ontario, malgré les défis liés aux récentes modifications législatives, les initiatives d’accueil et d’intégration témoignent d’un engagement soutenu envers les réfugiés.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
Depuis 75 ans, la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés reconnaît le droit de chercher refuge comme un droit humain universel. Un principe que le Canada a longtemps défendu et qui demeure aujourd’hui au centre des débats sur l’immigration et l’accueil des personnes déplacées.
Cette journée instaurée par les Nations Unies vise à rendre hommage au courage et à la résilience des millions de personnes contraintes de fuir leur pays en raison des conflits, des persécutions ou des crises humanitaires. Elle constitue également une occasion de sensibiliser le public aux nombreux défis auxquels ces personnes sont confrontées une fois arrivées dans leur pays d’accueil.
Sur le terrain, plusieurs organismes multiplient les initiatives pour accompagner les nouveaux arrivants. À Toronto, l’organisme La Passerelle-I.D.É. a franchi une étape importante en ouvrant sa toute première maison de transition destinée aux réfugiés africains francophones il y a à peine un an, du nom de L’Agapanthe.
Ce centre offre un logement temporaire et offre 50 lits à des réfugiés africains pendant une période pouvant aller jusqu’à 12 mois. Les premiers résultats sont déjà encourageants. Depuis le lancement du projet, plus de 80 personnes ont été accueillies. Parmi elles, 27 ont déjà accédé à un logement stable et une quinzaine ont trouvé un emploi durant leur séjour, selon les chiffres de l’organisme.
Pour Léonie Tchatat, directrice générale de La Passerelle-I.D.É., la mission va bien au-delà de l’hébergement. « Continuer à sensibiliser le public sur l’apport et les enjeux que vivent les réfugiés et les défis auxquels ils font souvent face », explique-t-elle, soulignant ainsi que plusieurs de ces obstacles sont d’ordre systémique.
L’organisme mise notamment sur des services offerts en français et sur un accompagnement culturellement adapté afin de faciliter l’intégration des personnes accueillies.
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, elle rappelle l’importance de placer le respect de la personne humaine au centre des préoccupations. « Il est primordial qu’on se rappelle que chaque personne a une dignité et mérite l’espoir d’un avenir meilleur ».
Cette mobilisation survient également dans un contexte de changements importants au fédéral. Depuis l’entrée en vigueur du projet de Loi C-12 le 26 mars 2026, de nouvelles exigences en matière de recevabilité des demandes d’asile suscitent des préoccupations chez plusieurs organismes de défense des droits des migrants.
Pour Léonie Tchatat, ces nouvelles dispositions représentent un défi supplémentaire pour les personnes en quête de protection.« C’est difficile et cela apporte beaucoup de changements pour les personnes migrantes et les demandes d’asile », estime-t-elle.
Les organismes craignent notamment que certaines mesures compliquent davantage les démarches administratives de personnes déjà fragilisées par leur parcours migratoire.
À plusieurs centaines de kilomètres de Toronto, la solidarité s’est également exprimée dans la région de Windsor-Essex-Kent.
Le 16 juin dernier, le Centre communautaire francophone de Windsor-Essex-Kent (CCFWEK) a réuni plusieurs organismes francophones et anglophones afin de présenter leurs services aux nouveaux arrivants. Parmi les participants figuraient notamment des organismes œuvrant dans les domaines de l’emploi, de l’accompagnement communautaire, de la jeunesse et de l’éducation.
Pour Ward Sahili, agent de liaison au CCFWEK, cet événement envoie un message clair.« C’est une preuve pour dire que les réfugiés font partie de la communauté ».
La rencontre a également attiré de nombreux élèves des conseils scolaires de la région, un aspect particulièrement important selon l’organisateur. « C’est une façon de confirmer aux élèves, qu’ils soient immigrants ou citoyens, qu’ils ont leur place dans la communauté », ajoute-t-il.
Des kiosques d’information, des prestations de danse réalisées par des élèves ainsi qu’une fresque collective dessinée au sol ont permis de transformer cette journée en véritable célébration de la diversité et de l’inclusion.
À travers le pays, les initiatives se multiplient pour rappeler que l’accueil des réfugiés ne se limite pas à une seule journée de sensibilisation. Derrière chaque parcours migratoire se trouvent des histoires de courage, de reconstruction et d’espoir.
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Photo : Des participants dessinent une fresque à Windsor. (Crédit : CCFWEK)





