Alexia Grousson
Après plus de trois décennies consacrées au milieu de l’éducation dans la région de Windsor, Jean-Paul Gagnier a entrepris un nouveau chapitre de sa vie. Le 5 mai dernier, l’ancien surintendant au Conseil scolaire catholique Providence prenait la route vers Florence, en Italie, où il occupe désormais le poste de « Head of School » à la Canadian School of Florence (École canadienne de Florence). Il sera responsable de l’ensemble de l’établissement scolaire, un rôle qu’il compare à celui d’une surintendance dans le contexte italien.
Fort d’une carrière de plus de 32 ans dans le domaine de l’éducation, Jean-Paul Gagnier a occupé plusieurs fonctions clés au sein du système scolaire francophone catholique. Il a d’abord enseigné l’histoire et la géographie pendant une dizaine d’années à l’ÉSC de Pain Court avant de devenir directeur à Saint-Philippe. Il a ensuite assumé différents postes de leadership, notamment à la direction de la construction identitaire ainsi qu’aux services pédagogiques de la maternelle à la 12e année. Pendant plus de 13 ans, il a exercé les fonctions de surintendant.
Même à la retraite, l’éducation demeurait toutefois bien présente dans ses projets. « Je cherchais un nouveau défi. À la retraite depuis un an et demi, même si je profitais pleinement de mon temps en voyageant, je sentais au fond de moi que j’avais encore quelque chose à apporter », confie-t-il. L’idée de s’établir en Italie s’est imposée naturellement, nourrie par une passion de longue date pour les voyages et la découverte culturelle.
Jean-Paul Gagnier affirme avoir visité plus de 113 pays au cours de sa vie. « Voyager m’a toujours passionné. J’aime rencontrer des personnes, découvrir de nouvelles cultures et savourer les couleurs, les odeurs et les ambiances uniques de chaque endroit », raconte-t-il. Depuis sa retraite, il a notamment passé deux hivers en Amérique du Sud et en Asie, des expériences qu’il décrit comme profondément enrichissantes sur les plans humain et culturel.
L’Italie représentait toutefois une destination toute particulière. « Ce pays m’a toujours attiré, et je me suis dit pourquoi ne pas y poser mes valises pour quelques années afin d’en apprécier toute la beauté et la douceur de vivre », explique-t-il. Une visite effectuée à l’École canadienne de Florence en novembre dernier a confirmé son désir de relever ce nouveau défi. « L’émotion ressentie lors de cette visite m’a convaincu que je voulais découvrir ce joyau, ce trésor discret, peut-être l’un des secrets les mieux gardés de Florence. »
Ainsi, il travaille aux côtés de trois directions d’école responsables des différents campus et supervise une communauté composée de 68 employés et de 328 élèves, de la pré-maternelle à la 12e année. L’établissement se démarque notamment par son programme à double diplomation, unique en Italie, qui permet aux élèves d’obtenir simultanément le diplôme d’études secondaires de l’Ontario et le diplôme italien. « Cette offre attire une clientèle internationale et diversifiée à la recherche d’un parcours académique bilingue reconnu à l’échelle mondiale », précise-t-il. Son mandat consiste principalement à assurer l’application rigoureuse du curriculum ontarien et à favoriser la réussite des élèves.
Au-delà du travail, Jean-Paul Gagnier découvre également un nouveau mode de vie. Il affirme s’adapter progressivement à la culture italienne, qu’il apprécie énormément. « Les gens sont très accueillants envers les étrangers dans cette ville, ce qui m’aide à me sentir chez moi », souligne-t-il. Il apprécie particulièrement les marchés de fin de semaine, la proximité des commerces et le fait de pouvoir tout faire à pied. « J’apprends aussi que les Italiens savent prendre leur temps et profiter pleinement de la vie », ajoute-t-il avec le sourire.
Installé à Florence pour un contrat de trois ans, il n’exclut pas de poursuivre l’aventure ailleurs par la suite.
Malgré les milliers de kilomètres qui le séparent désormais du Canada, Jean-Paul Gagnier demeure animé par la même curiosité et le même désir de découverte qui l’ont accompagné tout au long de sa carrière et de ses voyages. « La vie est courte et demain n’est jamais garantie. Tant que ma santé me le permettra, je veux découvrir, apprendre, voyager et savourer chaque instant. Il y a encore tellement de choses à voir, à ressentir et à vivre pleinement », conclut-il.
Photo : (Crédit : Jean-Paul Gagnier) Le paysage que Jean-Paul Gagnier voit tous les jours en marchant vers l’école.






