Olaïsha Francis
À Windsor, la légende du nain rouge a désormais son propre festival. Depuis 2023, la ville célèbre à sa manière cette créature venue du folklore français, transformant une tradition sombre en un rendez‑vous festif. « De l’autre côté du pont, ils chassent le nain rouge et nous on l’accueille », résume avec humour Avery Tracy, directrice générale du Milieu artistique des connexions culturelles Sud-Ouest (MACC) et organisatrice de l’événement.
Le MACC s’est donné pour mission de faire rayonner la langue et la culture françaises à travers les arts. Cette année, l’organisme, soutenu par le CCFWEK, l’AEFO 63 et le Collège Boréal a tenu pour la première fois ses festivités à l’extérieur, au parc Mill Street, le 28 mars. Animée par Robert Tyme, la soirée a réuni une centaine de personnes venues profiter d’une ambiance chaleureuse et résolument communautaire.
Sur scène, les artistes se sont succédé pour offrir un programme éclectique : le chanteur Mehdi Cayenne, le groupe psych‑rock The Brandy Alexanders, Les Sons de Silas, puis les Bilinguish Boys, véritables favoris du public. À quelques pas du spectacle, un coin pour enfants permettait aux plus jeunes d’apprendre à jongler, tandis qu’un marché bilingue mettait en valeur bijoux, vêtements, arts visuels et autres créations artisanales locales.
Si Windsor célèbre aujourd’hui le nain rouge, c’est que cette figure mythique traverse l’histoire depuis le XVIIIᵉ siècle. Importée par des colons français originaires de Gascogne, la légende raconte qu’un petit être rouge, à l’allure de lutin, hanterait Détroit et apparaîtrait avant chaque catastrophe majeure. Au fil du temps, les habitants de la ville américaine ont instauré une tradition qui est de se rassembler pour chasser symboliquement la créature et éloigner le malheur.
Windsor a choisi une approche différente. Transformer la peur en fête, et le public semble y adhérer. « Célébrer le nain rouge est une tradition culturelle pour la région. J’ai croisé plusieurs parents anglophones qui sont contents de participer aux activités francophones. Nous sommes heureux de constater que cette légende est également appréciée et soutenue par des communautés locales », conclut Avery Tracy.
Photo : Des activités ont eu lieu au parc Mill Street (Crédit : MACC)






