Alexia Grousson

Le 20 mars, le campus de l’Université Wayne State, à Détroit, a accueilli pour la première fois les Jeux de la Francophonie du Michigan, marquant une initiative inédite dans l’État. L’activité a rassemblé des élèves du secondaire issus de huit écoles, accompagnés de leurs enseignants, ainsi que de nombreux bénévoles et représentants de sept universités, dans une célébration dynamique de la langue française et de la diversité des cultures francophones.

À l’origine de cette initiative se trouve une volonté de collaboration entre les milieux éducatifs. « L’idée est née d’une rencontre en mai 2025 avec des professeurs d’université et des enseignants de français langue seconde au secondaire. En discutant des efforts déployés aux États-Unis pour promouvoir le français, nous avons réalisé l’importance de travailler ensemble et de créer une activité commune pour démontrer aux jeunes l’utilité concrète de la langue », explique Melissa Baril, fondatrice de Bonjour Détroit. De cette réflexion a émergé le concept d’une journée immersive, conçue pour susciter l’intérêt des élèves et renforcer leur engagement envers l’apprentissage du français.

L’objectif est clair : encourager la poursuite des études en français. « Nous voulons que les élèves repartent en se disant : « C’est formidable d’apprendre le français, c’est utile et largement utilisé, j’ai envie de continuer ». Il s’agit aussi de contrer la baisse des inscriptions universitaires en français, de créer des liens entre les élèves et les communautés francophones locales, et de bâtir des ponts entre le secondaire et les départements universitaires », précise Mme Baril. Elle insiste également sur l’importance de favoriser la confiance linguistique et la curiosité des jeunes, tout en leur offrant des occasions de se connecter entre eux, peu importe leur niveau.

La journée s’est articulée autour d’une quinzaine d’ateliers, animés par une vingtaine de bénévoles. Une première série d’ateliers à caractère éducatif a été suivie d’activités en continu, ce qui a permis aux élèves de circuler librement selon leurs intérêts. Les participants ont exploré une variété de thématiques qui allaient des expressions idiomatiques à la gastronomie, en passant par la musique, l’industrie automobile ou encore la francophonie dans les Amériques, notamment en Haïti, en Martinique et en Guadeloupe.

À l’heure du midi, un forum universitaire a offert aux participants l’occasion de rencontrer les représentants de sept établissements du Michigan et de découvrir leurs programmes de français. « Tous les élèves ont échangé avec au moins une université, et cet aspect a suscité un grand intérêt », souligne l’organisatrice.

L’après-midi s’est poursuivi avec les jeux d’Épelle-moi Canada, ainsi que des quiz interactifs. Répartis en équipes par école, les élèves ont d’abord testé leurs connaissances générales sur la Francophonie mondiale, avant de répondre à une seconde série de questions liées aux ateliers de la journée, afin de consolider leurs apprentissages dans une ambiance animée.

Des prix offerts par des partenaires et des entreprises locales sont venus récompenser les performances des participants, tandis que les gagnants des quiz ont reçu des certificats. Au-delà des résultats, c’est surtout l’engouement général qui a laissé sa marque. « L’enthousiasme des élèves et des enseignants a été remarquable. Les sondages recueillis après la rencontre sont très positifs.Tous souhaitent revenir. Il y a un véritable besoin de célébrer la Francophonie ici et de créer des liens localement », observe Melissa Baril.

Pour la fondatrice, cette première édition est porteuse d’espoir. « C’est extrêmement stimulant et encourageant de voir des jeunes faire l’effort de s’exprimer en français, curieux d’en apprendre davantage et désireux d’échanger avec d’autres francophones », conclut-elle.

Photo : L’activité a rassemblé près de 200 élèves. (Crédit : Mélissa Baril)