Alexia Grousson

Le Centre d’orientation pour adolescents (Centre pour ados) a organisé un premier atelier consacré à l’informatique et à l’intelligence artificielle, une initiative novatrice destinée à éveiller la curiosité et la créativité des jeunes francophones de la région. Pour mener à bien cette activité, ils ont fait appel à Nono Basubi, agent de marketing et communication au CCFWEK, qui a apporté son équipement technique, dont un trépied et un appareil photo.

Réparti sur deux jours, l’atelier a réuni 26 adolescents autour d’un thème central, l’intelligence artificielle (IA), non pas un simple outil utilitaire, mais un moyen d’expression. « La première session était plutôt une conversation. Les ados devaient dire ce que le Centre et la francophonie représentent pour eux. Puis, nous avons mis par écrit les mots importants, ceux porteurs de sens pour eux, afin de créer une chanson », explique Marie-Ève Pichette-Stroesser, gestionnaire du Centre pour ados. Des mots comme rêver, fierté, lieux rassembleurs ou encore nouvel arrivant ont ainsi servi de base à l’écriture collective.

Puis, les jeunes ont été invités à se prendre en photo et à intégrer ces images dans un outil d’intelligence artificielle afin de générer des visuels les représentant en action. « Ils ont vu leur visage apparaître et bouger dans l’IA. C’était très réaliste. Ils n’en revenaient pas, très surpris, presque choqués de voir que l’IA est capable de faire cela. Leur curiosité a été piquée pour la suite », ajoute Mme Pichette-Stroesser. Enthousiastes, les participants ont ensuite exploré la possibilité de faire évoluer et déambuler leurs personnages virtuels.

Cette exploration a également ouvert la porte à une réflexion plus large sur l’usage responsable de l’IA. « Beaucoup utilisent l’intelligence artificielle pour les devoirs ou les textes, mais là, ils ont découvert une autre version de cet outil. Cela nous a permis d’avoir une conversation sur le revers de la médaille : faire attention à ce qu’on partage comme information personnelle, aux côtés négatifs des réseaux sociaux et à la protection de la personne », poursuit la gestionnaire.

Après la sélection des mots clés, les jeunes sont passés à la création musicale proprement dite. Ils ont expérimenté différents genres, du rap au tropical en passant par la pop, avant de choisir le style qui leur ressemblait le plus. Ils ont également sélectionné les voix — masculines, féminines ou mixtes — ainsi que le type de langage, avec ou sans accent, dans le but de refléter la diversité de la démographie francophone des jeunes du Centre.

« Nous voulions une chanson vibrante dans laquelle les jeunes pouvaient retrouver une partie d’eux-mêmes. L’objectif est qu’elle devienne leur chanson. Cela a bien fonctionné. Les gens dans les bureaux nous écoutaient. Il y avait tellement une bonne ambiance qu’ils sont sortis voir ce qui se passait dans la salle de conférence », souligne Marie-Ève Pichette-Stroesser.

Une fois la chanson composée, la deuxième étape consistait à créer un clip vidéo. À partir de quelques photos, l’IA a donc généré de petits personnages animés à l’effigie des jeunes, placés dans un décor de studio, devant un micro, articulant les paroles en synchronisation avec la musique tout en esquissant de légers mouvements de danse. Le meneur de l’activité a ensuite procédé au mixage final et a intégré différentes voix afin d’enrichir la piste sonore.

Pour le Centre pour ados, cette première expérience autour de l’intelligence artificielle marque une étape importante dans l’offre d’activités innovantes.

Photo : Nono Basubi discute avec les jeunes de l’usage responsable de l’IA. (Crédit : CCFWEK)