À Windsor, la communauté burundaise a marqué l’entrée dans l’année 2026 en perpétuant une tradition culturelle qui allie transmission des vœux du Nouvel An et accueil officiel des nouveaux arrivants, dans un esprit de solidarité, de partage et d’ouverture interculturelle, qui a réuni familles, partenaires et amis.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional de Hamilton-Niagara
Le 10 janvier, l’Association des Burundais de Windsor (REMA) a organisé un rassemblement au Collège Boréal. Devenue au fil du temps un rendez-vous incontournable pour la communauté, l’initiative visait à souhaiter les vœux pour 2026 et souligner l’arrivée des nouveaux membres récemment établis à Windsor.
Pour le président du REMA, André Nsengiyumva, cette activité revêt une importance particulière. « C’est un moment culturel fort pour se retrouver et, pour les croyants, remercier Dieu et se souhaiter de bonnes choses pour la période à venir », explique-t-il.
En effet, cette célébration s’inscrit dans une tradition burundaise ancienne de rassemblement autour du partage. Autrefois pratiquée à la cour royale, puis à l’échelle des régions et des familles, cette coutume symbolise l’accueil et la cohésion sociale. « C’est cette culture que nous cherchons à perpétuer, avec comme objectif principal l’accueil des nouveaux arrivants », précise le président.
En 2025, une trentaine de personnes — dont plusieurs familles avec enfants — se sont établies à Windsor. Pour souligner leur arrivée, près de 200 convives ont participé à l’activité, ce qui témoigne d’une forte mobilisation de la communauté burundaise locale et d’une ouverture interculturelle marquée. Des Burundais venus de Détroit ont également traversé la frontière afin de participer à la fête aux côtés de leurs amis canadiens.
La cérémonie a aussi rassemblé plusieurs partenaires communautaires, dont des représentants de cliniques juridiques et du Club Richelieu Windsor, qui mettent en valeur l’importance du travail en réseau pour favoriser l’intégration des nouveaux arrivants.
Pour le REMA, rassembler la communauté en début d’année est essentiel afin de mieux accompagner les familles nouvellement arrivées. « Nous évitons de mettre en place des projets exclusivement destinés à la communauté burundaise, car plusieurs services existent déjà à travers d’autres organismes. En revanche, nous orientons les familles vers les travailleurs d’établissement dans les écoles », explique André Nsengiyumva. Ce programme facilite l’intégration scolaire et sociale des enfants en créant un lien entre l’école, la famille et la communauté.
L’entraide informelle demeure également centrale. Des membres de la communauté accompagnent les nouveaux arrivants dans leurs démarches du quotidien, notamment pour des rendez-vous médicaux. Selon le président, cette célébration annuelle joue un rôle clé : « elle encourage l’ouverture, l’accueil et l’assistance envers les nouveaux arrivants, car nous avons tous, à un moment donné, bénéficié de ce soutien ».
Pour l’année à venir, le REMA souhaite renforcer son rôle fédérateur. « Nous encourageons les membres à ne pas se limiter, à voir plus loin et, particulièrement les jeunes, à être plus ambitieux, affirme André Nsengiyumva. Notre rôle, en tant qu’organisme communautaire, est de renforcer la solidarité et de répondre aux besoins de chacun. »
Plusieurs activités sont déjà prévues, dont une rencontre en février dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs et une initiative en mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, pour poursuivre ainsi la mission du REMA : rassembler, soutenir et faire rayonner la communauté burundaise à Windsor.
Photo : Des convives burundais. De gauche à droite : Beraka Ishimwe, Benie-Klein, Liena Inangorore, Bethia Havyarimana et Ariane Cadeau Ninziza (Crédit : Tom Sobocan)






