Environ un an jour pour jour avant les prochaines élections fédérales, Justin Trudeau était de retour dans la région de Windsor-Essex les 4 et 5 octobre derniers à l’occasion de la cérémonie de la première pelletée de terre du chantier de construction du pont Gordie-Howe.
Largement piloté par le gouvernement conservateur précédent, le cheminement du dossier avait suscité quelques inquiétudes au début du mandat libéral alors que le gouvernement avait semblé imposer des délais. Il y a quelques mois, lorsque le propriétaire du pont Ambassador avait obtenu le permis de construire un deuxième pont à l’ouest de celui qui existe, le niveau d’inquiétude quant au futur du nouveau lien a augmenté très sensiblement. C’est donc avec soulagement que les autorités politiques et économiques de la région ont accueilli la signature du contrat avec le consortium chargé de construire le pont puis le début officiel des travaux.
L’Autorité du pont Windsor Détroit, pour l’occasion, avait organisé un rassemblement communautaire sur les parterres de l’hôtel de ville le 5 octobre sans en faire trop de publicité. Malgré tout, la perspective de voir le premier ministre canadien a attiré des centaines de personnes malgré une température incertaine.
Pour réchauffer l’atmosphère, le groupe de Luc Michaud, Big Wiggles, avait été mandaté, à quelques heures d’avis, pour se produire sur la scène. Rapidement, la musique a entraîné les gens à chanter et danser mais, c’est au moment de l’arrivée de Justin Trudeau et du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François Champagne, que la fête a commencé.
Pour les libéraux fédéraux, le Sud-Ouest ontarien est un véritable désert puisqu’aucun député libéral n’a de siège au Parlement. L’accueil fut poli sans plus jusqu’à ce que Justin Trudeau prenne la parole, après une pointe d’humour de M. Champagne qui l’a présenté comme « the man who is making Canada great again », boutade qui a fait sourire M. Trudeau quelques jours à peine après la signature de la nouvelle entente entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
M. Trudeau a bien entendu parler de cet accord puis a souligné les perspectives ouvertes maintenant que le nouveau pont est dans sa phase de construction : plus de commerce, de fluidité à la frontière et des milliers d’emplois durant la construction et pour la suite.
Dès lors, la foule était gagnée et, une fois les discours terminés, le premier ministre s’est engagé dans la foule pour rencontrer les gens. Du début à la fin, cette séance de poignées de mains, de signatures d’autographes et de prises d’autoportraits a duré plus de 40 minutes au grand plaisir des gens.
Au cours de cette visite, M. Trudeau a également participé à un souper-bénéfice du Parti libéral du Canada. Selon certains observateurs de la scène politique régionale, il pourrait s’agir de l’amorce d’une campagne électorale qui sera plus chaudement disputée dans quelques mois.
PHOTO: François Champagne et Justin Trudeau