Tous ceux qui vivaient dans la région entre 2005 et 2008 s’en rappellent. Le long déclin de l’industrie de l’automobile avait généré un taux de chômage record dans la région et entraîné l’exode de milliers de familles forcées de se déplacer pour trouver du travail. Windsor était alors la capitale du chômage au Canada. L’annonce de la fermeture de l’usine GM à Oshawa a récemment jeté un seau d’eau glacée chez les travailleurs de l’automobile de la région : et si cela devait se passer ici?
Pour le maire de Windsor, Drew Dilkens, la situation à Oshawa pourrait se produire ici si Fiat-Chrysler décidait de fermer son usine locale en 2025 à la fin du cycle de dix ans, amorcé en 2015. L’usine emploie présentement 6000 personnes et, selon diverses estimations, les emplois directement liés à ceux de l’usine sont de l’ordre de six à neuf pour chaque emploi à Windsor, ce qui en fait l’employeur le plus important de la région. Selon le maire Dilkens, si en 2025 Fiat-Chrysler annonçait qu’elle met un terme à ses opérations à Windsor, la région se retrouverait dans une période de crise économique semblable à celle connue durant la Grand Dépression des années 1930.
C’est pourquoi M. Dilkens a récemment lancé un appel à la mobilisation générale du milieu des affaires, l’objectif étant de développer des mesures pour pallier à une éventuelle fermeture de l’usine Fiat-Chrysler. En procédant à une simulation de ce scénario-catastrophe, il sera plus facile de déterminer comment diversifier la structure économique de la région en attirant des entreprises de l’extérieur. Pour y arriver, il faudra notamment réfléchir et planifier comme l’entend le premier magistrat de la Ville de l’automobile.
Depuis 2008, avec la restructuration de l’industrie automobile, Windsor a lentement repris son rythme de développement. Les affaires vont bien : ainsi, même en excluant Fiat-Chrysler, pas moins de 600 emplois ont été créés durant le dernier mandat du conseil de Ville. C’est pourquoi M. Dilkens estime qu’il est maintenant temps de s’asseoir et de planifier pour l’avenir. La situation financière de la ville permet d’envisager ce dont les prochaines années seront faites et de prendre des décisions qui s’imposent afin de parer le coup si Fiat-Chrysler décidait d’imiter GM d’ici 2025.
À l’évidence, le maire Dilkens a décidé d’agir de manière proactive pour diversifier la structure de l’économie régionale. À terme, si Fiat-Chrysler reste dans la région, tout le monde sera gagnant et, si elle décide de partir, l’impact sera moins important pour la communauté locale et régionale.