Alexia Grousson
Le 10 juin, dans le cadre de la Synergie Franco WEK, le CCFWEK et PGF Consultants ont fait le point sur les résultats des consultations menées au cours des derniers mois afin de réfléchir à l’avenir du Carrefour francophone.
Cette rencontre virtuelle a présenté les principales recommandations issues des différents groupes de travail. Elle a permis aussi de tracer les prochaines étapes d’un processus destiné à renforcer la collaboration entre les organismes, optimiser les services partagés et améliorer l’efficacité du Carrefour au bénéfice de la communauté francophone.
« Il est primordial pour nous de partager les résultats et les actions qui ont émergé des consultations. Les échanges ont été francs, ouverts et respectueux, même lorsque des désaccords existaient. L’objectif demeure le même : permettre au Carrefour d’atteindre son plein potentiel », souligne Yasmine Joheir, présidente du CCFWEK.
Le processus amorcé au cours des derniers mois s’est d’abord appuyé sur un diagnostic stratégique et organisationnel qui a permis de cerner plusieurs enjeux récurrents. Les participants ont relevé le manque de clarté de la vision et des missions du Carrefour, des structures organisationnelles jugées parfois inefficaces, des locaux insuffisants ou inadaptés, ainsi que des défis liés à la cohésion interne, à la planification et à l’attraction de talents. De ce travail ont émergé quatre grands axes d’intervention : l’efficacité et structure organisationnelle, les services mutualisés ainsi que la visibilité et l’accessibilité du Carrefour.
Pour Xavier Pierre, représentant de PGF, les constats démontrent la nécessité de revoir les façons de faire afin de bâtir une organisation plus solide. « Pendant longtemps, lorsqu’un besoin apparaissait, la solution consistait souvent à créer un nouvel organisme. Aujourd’hui, la tendance est davantage au regroupement des services. Le Carrefour existe déjà, mais utilisons-nous réellement tout son potentiel? » questionne-t-il.
Les discussions de l’axe 2 ont porté sur la structure organisationnelle du Carrefour. Le groupe de travail a recommandé de définir clairement la nature, le périmètre et la gouvernance de l’organisation, et d’établir des statuts et règlements modernisés ainsi qu’une répartition précise des responsabilités. L’objectif est de créer une structure plus cohérente capable de réduire les chevauchements, d’éviter les dédoublements de services et de faciliter l’accès aux ressources pour les francophones.
Parmi les pistes envisagées figure également une consolidation accrue des organismes déjà présents au Carrefour. Les recommandations évoquent une fusion entre l’ACFO et le CCFWEK, l’élargissement des espaces et des services offerts, l’intégration éventuelle d’autres organismes francophones, la création d’un espace ethnoculturel et le développement de nouvelles occasions de collaboration entre partenaires. Selon les participants, une telle approche permettrait de réaliser des économies d’échelle tout en renforçant la capacité d’action du milieu francophone.
« Nous devons réfléchir à la façon de passer du Carrefour actuel à une organisation qui possède tous les attributs que nous souhaitons lui donner, tout en respectant les missions propres à chaque organisme », ajoute Xavier Pierre.
Les commentaires recueillis témoignent toutefois d’une ouverture croissante à l’idée de changements structurels. « Il y a une soif de changement, mais aussi certaines craintes. La communauté comprend les enjeux. Il y a quelques années, l’idée d’une restructuration ou d’une fusion suscitait beaucoup plus de résistance. Aujourd’hui, les gens semblent prêts à envisager ces possibilités », observe Yasmine Joheir.
Le troisième axe de travail s’est concentré sur la mutualisation des services et le renforcement de la collaboration entre les organismes locataires et partenaires du Carrefour. Les membres du groupe ont constaté que le bâtiment demeure relativement méconnu des francophones, ce qui limite ainsi son impact et son utilisation. Ils recommandent donc de renforcer les outils de communication, notamment le site Web et le calendrier communautaire, et d’investir davantage dans le marketing, les relations avec les partenaires et la promotion des services en français.
Les participants souhaitent également développer de nouveaux mécanismes de partage des ressources et des coûts entre organismes. Parmi les solutions proposées figurent le dépôt de projets en consortium, le partage d’expertises, la mise en commun d’équipements et le développement du Carrefour en tant que centre de référence, d’échange de connaissances et de bonnes pratiques pour l’ensemble du secteur francophone régional.
Les prochaines semaines seront consacrées à la formalisation d’un plan d’action prioritaire qui sera soumis aux conseils d’administration, aux équipes de travail et aux organismes partenaires. L’objectif est de prendre, d’ici la fin juin, des décisions structurantes permettant au Carrefour d’évoluer vers un modèle plus intégré, plus visible et mieux adapté aux besoins de la communauté.
Pour Yasmine Joheir, cette réflexion dépasse largement les enjeux administratifs. « Nous avons trop de petits organismes francophones qui se partagent des ressources limitées. Il faut harmoniser les services, renforcer les partenariats et bâtir une structure capable de répondre aux besoins actuels et futurs. Le CCFWEK existe depuis 1990. Nous ne voulons pas le voir disparaître; nous voulons le renouveler, le rehausser et lui permettre d’occuper pleinement la place qu’il mérite au sein de la communauté », a-t-elle conclu.





