Chrismène Dorme
La forêt est devenue une salle de classe à ciel ouvert pour la cohorte de première année en Éducation en services à l’enfance du Collège Boréal, à Windsor. Le temps d’une sortie pédagogique à la Natural Pathways Forest and Nature School, les étudiants ont quitté les bancs d’école pour plonger au cœur d’un apprentissage vivant, sensoriel et concret, où la nature elle-même devient un outil pédagogique essentiel au développement de l’enfant.
Pour Catherine Guthrie, professeure et coordonnatrice du programme au Collège Boréal, cette sortie représentait une occasion précieuse de concrétiser les apprentissages théoriques des étudiants. Elle souligne, en effet, que plusieurs d’entre eux n’avaient encore jamais eu l’occasion de vivre ce type d’approche. « C’était une belle occasion pour eux de mettre en pratique la théorie et d’échanger directement avec des éducateurs sur le terrain », explique-t-elle.
Organisée sur une demi-journée, la visite du 9 avril s’est déroulée en petits groupes avant un rassemblement collectif. Les participants ont été invités à explorer la forêt et de solliciter leurs sens : écouter les chants d’oiseaux, observer les traces d’animaux et se familiariser avec la faune et la flore locales. Cette immersion a également donné lieu à de nombreux échanges sur les espèces végétales, notamment comestibles, ainsi que sur les interactions entre les éléments naturels et les activités éducatives.
Contrairement aux approches plus traditionnelles en éducation à l’enfance, souvent centrées sur des environnements intérieurs structurés, l’apprentissage en plein air privilégie une approche globale et sensorielle. « Les étudiants ont pu le vivre eux-mêmes. Ils comprennent ainsi que les enfants dont ils auront la responsabilité peuvent évoluer dans un environnement vivant et stimulant », précise Mme Guthrie. Plusieurs ont d’ailleurs été surpris de constater l’impact significatif que ce type d’expérience peut avoir sur le bien-être et le développement des enfants.
La question de l’adaptation aux conditions climatiques, notamment au cours des longs mois d’hiver, a également été soulevée. Les éducatrices présentes ont rassuré les participants en mettant de l’avant des stratégies concrètes, comme l’ajustement des activités en fonction de la météo ou encore l’allumage sécuritaire de feux pour se réchauffer. Ces discussions ont permis de démystifier certaines appréhensions et d’ouvrir la voie à des pratiques pédagogiques flexibles et adaptées.
La sortie s’est conclue par une activité conviviale : la cuisson de pain en plein air, preuve que des activités simples peuvent être intégrées dans une démarche éducative riche et signifiante.
Bien plus qu’une simple sortie, cette immersion en nature laisse une empreinte durable dans le parcours des futurs éducateurs. En effet, ils repartent avec une vision renouvelée de leur rôle et des possibilités qu’offre l’environnement naturel afin de concevoir des activités pour le développement global des enfants.
Photo : La cohorte d’étudiants accompagnée de leur professeure (Crédit : Collège Boréal)






