Richard Caumartin

Depuis quelques mois, l’horizon au bord de la frontière de Windsor-Détroit s’illumine la nuit avec les essais du système d’éclairage esthétique du Pont international Gordie-Howe, une étape importante du mégaprojet pour s’assurer que tout fonctionne normalement pour l’ouverture de la nouvelle infrastructure frontalière.

Selon les constructeurs, « plus de 6000 projecteurs à DEL blanche, programmables et à haut rendement énergétique, ont été installés sur les tours du pont, les câbles d’haubanage, la travée arrière, les piles, la travée d’approche et le tablier du pont ».

Au cours de cette étape, « les techniciens règlent les projecteurs à leur intensité maximale, ce qui leur permettent de vérifier et confirmer le bon fonctionnement de chaque ampoule, identifier les pannes, calibrer les commandes de séquençage et de gradation, évaluer la résistance aux variations des conditions météorologiques et des conditions d’exploitation ».

« Après ces vérifications initiales, l’accent sera mis sur le perfectionnement des réglages, l’équipe testant la fonction de gradation, le niveau de luminosité et les séquences d’éclairage, explique Jill Braido de la Ville de Windsor. Chaque étape joue un rôle important dans le processus global de mise en service, garantissant que le système d’éclairage fonctionne de manière sûre et efficace. La conception de l’éclairage met en valeur son architecture minimaliste contemporaine, axée sur la simplicité, les lignes épurées et les formes intemporelles. »

Lorsque les lumières blanches DEL sont allumées le soir, il est remarquable de voir clairement, grâce à un système de contrôle sophistiqué et mieux que le jour, les éléments qui définissent le Pont international Gordie-Howe, notamment les tours de 220 mètres, la travée principale de 853 mètres et les 216 câbles qui tiennent la fondation.

De plus en plus, les citoyens de Windsor et de Détroit s’impatientent de pouvoir enfin utiliser ce passage frontalier que les élus décrivent déjà comme un chef-d’œuvre visuel. D’ailleurs, le député fédéral de Windsor-Ouest Harb Gill, dont la circonscription comprend le pont, est allé le visiter le 16 janvier, accompagné des députés fédéraux Kathy Borrelli et Dan Muys.

« Nous avons visité les installations en compagnie de représentants de Bridging North America, qui ont pris le temps de nous rencontrer et de nous présenter le fonctionnement prévu du pont une fois ouvert, explique Harb Gill. Au cours de cette visite, j’ai posé des questions très directes sur deux points essentiels pour les citoyens de Windsor-Essex et, plus largement, pour l’ensemble des Canadiens : la date d’ouverture du pont et les tarifs de péage. Bien que la présentation ait été instructive, aucun échéancier précis n’a été fourni et aucun détail concernant les péages n’a été communiqué.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une infrastructure impressionnante, fruit d’un travail considérable et d’un investissement important des contribuables. Cependant, nous sommes repartis sans réponses claires et concrètes sur ces questions cruciales. Pour un projet de cette envergure, les Canadiens sont en droit d’attendre responsabilité et transparence. À l’heure actuelle, ce niveau de clarté fait encore défaut et nous devons continuer à faire pression pour l’obtenir. »

Le pont d’environ 2,5 km devait initialement ouvrir à la fin de 2024, puis cette date a été repoussée à l’automne 2025. « L’ouverture est prévue pour le début de 2026, confirmait à la fin de l’automne dernier Heather Grondin, responsable principale des relations avec le public de l’Autorité du pont Windsor-Détroit. Nous réalisons qu’il est essentiel de prendre le temps nécessaire pour nous assurer de bien faire les choses. »

Photo (Crédit : APWD) : Le Pont international Gordie-Howe